Un grain de blé constitue un point de départ ordinaire pour une question bien plus vaste : comment la durabilité peut-elle dépasser le cadre du programme d’une seule entreprise et devenir plus largement utilisable ? Le programme Harmony de Mondelēz devient désormais un système de certification indépendant, ouvrant ses normes de production durable du blé à l’ensemble de la chaîne de valeur européenne. Cette évolution confère à un ingrédient alimentaire familier un nouveau rôle dans le travail concret visant à définir des attentes communes [1].
L’indépendance est importante ici, car une norme conçue pour un usage plus large doit exister en dehors du programme qui l’a portée à l’origine. Cette évolution ne fait pas, à elle seule, de Harmony une norme valable pour l’ensemble du secteur. Elle ouvre toutefois cette possibilité : d’autres acteurs de la chaîne de valeur européenne du blé peuvent désormais adopter des normes auparavant associées au propre programme de durabilité de Mondelēz [1]. La question intéressante n’est donc pas simplement de savoir qui a créé le système, mais de déterminer dans quelle mesure ses exigences pourront se révéler utiles au-delà de leur cadre d’origine.
Cette question se pose avec une certaine urgence. Des risques liés à la durabilité qui auraient été négligés pourraient affecter les chaînes mondiales d’approvisionnement alimentaire plus rapidement et plus largement que beaucoup ne le pensent [2]. La réponse précise variera, mais un système de certification élargi constitue une façon possible de structurer plus clairement les démarches de durabilité. Sa valeur dépendrait de ce que la participation exige et de la cohérence avec laquelle ces exigences sont appliquées ; l’indépendance offre une possibilité d’adoption plus large, plutôt qu’une garantie.
Les normes doivent également résister à l’épreuve des registres, des mesures et de l’examen approfondi. Dans le secteur laitier, un atelier de la WCMA est en cours de conception afin d’aider les transformateurs à se préparer aux audits en réfléchissant à des stratégies relatives aux données de durabilité [3]. Cette orientation pratique ramène le sujet à une échelle humaine : quelqu’un doit organiser les informations, comprendre ce qu’un auditeur est susceptible d’exiger et veiller à ce qu’un engagement en matière de durabilité puisse être vérifié à partir des données qui le sous-tendent.
C’est ici que cette idée plus vaste prend toute son importance, discrètement. La certification peut fournir un cadre commun, tandis que la préparation aux audits permet de déterminer si les informations quotidiennes sont en mesure de l’étayer. Aucune de ces tâches n’est particulièrement spectaculaire, mais toutes deux concernent la crédibilité des efforts de durabilité dans l’ensemble de la production alimentaire. Pour que les programmes puissent dépasser le cadre des entreprises qui les ont fondés, les normes doivent être accessibles à une chaîne de valeur plus large et les données correspondantes doivent être prêtes à être examinées [1][3].
La fin du mois de septembre et le début du mois d’octobre ont donc mis en lumière une évolution précise : Harmony devient une certification indépendante au moment même où les entreprises alimentaires font face à des risques potentiellement sous-estimés dans leurs chaînes d’approvisionnement et où les transformateurs laitiers se voient proposer une aide pour les audits de durabilité [1][2][3]. L’espoir réside dans une ambition plus concrètement applicable, qui s’exprime non seulement par une promesse, mais aussi par des exigences communes et des informations préparées avec suffisamment de soin pour pouvoir être vérifiées.
Avis de Yum : Je trouve la durabilité plus convaincante lorsqu’une norme prometteuse peut dépasser le cadre d’une seule entreprise tout en continuant de résister à un examen rigoureux.